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Le collectif "Si je veux - pour l'autodétermination de la femme" vient de publier un dépliant pour clarifier la situation actuelle sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) au Luxembourg.
A télécharger et à distribuer le plus largement possible:
en portugais: Sijeveux_PT.pdf
Il existe une loi réglementant l'IVG au Luxembourg depuis 1978. Mais les tabous autour de la sexualité font que cette loi est peu ou pas connue et que la population en général est mal informée sur ses droits et sur la réalité en matière d'IVG au Luxembourg.
Sur base de sa conviction que le choix de continuer ou d'interrompre une grossesse appartient aux femmes, le collectif «Si je veux - pour l'autodétermination de la femme» vous informe:
La loi de 1978 prévoit l'information sexuelle à grande échelle et à tous les niveaux de l'éducation nationale ainsi qu'une formation du personnel éducatif.
La réalité: La formation et l'éducation sexuelle est laissée aux bons soins des enseignant-e-s, il n'y a pas de cours spéciaux obligatoires intégrés dans la formation initiale des enseignant-e-s et éducateurs/ trices! Il n'y a aucune formation continue obligatoire dans ce domaine.
D‘après cette loi, le Gouvernement crée ou subventionne des centres régionaux de consultation et d´information familiale.
La réalité: Le Planning Familial est l'institution qui répond aux besoins d'information de la population en matière de sexualité et de procréation. Face aux besoins, ses moyens sont trop limités, voire symboliques en matière d'éducation sexuelle et affective (1/2 poste financé dans le cadre de la mission donnée par la loi de 1978). D‘après cette loi, aucun moyen de contraception n'est remboursé.
Aucun médecin ni auxiliaire médical ne peut être tenu de pratiquer ou de participer à une IVG (objection de conscience).
La réalité: La loi est mal appliquée et crée des situations inégalitaires et dangereuses pour la santé des femmes:
Depuis 2009, l‘IVG est pratiquée dans le cadre de la loi au Planning Familial. Des femmes de tout âge, statut familial et situation socio-économique sont confrontées à une grossesse non désirée. Plus d'un tiers des grossesses sont des grossesses non planifiées dans le monde, y compris dans les pays développés (OMS, 2008). Le recours à un moyen de contraception n‘exclut pas à 100% le risque de tomber enceinte. Mais des statistiques fiables manquent ... et le remboursement de la contraception aussi.
La Pologne connaît depuis l'adoption d'une réglementation très restrictive, un véritable «marché noir» de l'avortement au détriment de la santé des femmes concernées. Les Pays-Bas, par contre, ont une loi libérale sur l'IVG, font des efforts considérables en matière de prévention ... et affichent un taux d'IVG parmi les plus bas tout en offrant un recours à l'avortement sur décision de la femme dans des délais plus élevés qu'ailleurs.
Le projet de loi reformera-t-il enfin l‘accès à IVG et la situation des femmes concernées? Diverses organisations et personnalités de la vie publique luxembourgeoise pensent que non et ont lancé la pétition ci-après:
Le gouvernement nous annonce une réforme de la loi de 1978 sur l'information sexuelle, la prévention de l'avortement clandestin et la réglementation de l'interruption de la grossesse.
Dans le souci
• de la dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) pour la femme
• du respect du droit à l'auto-détermination de la femme.
Nous contestons dans le «Projet de loi 6103 portant modification de
l'article 353 du Code pénal»:
• le maintien de la pénalisation de l'interruption volontaire de grossesse;
• le maintien d'indications (pour des raisons de détresse d'ordre physique, psychique ou social), qui limitent l'accès à l'IVG;
• l'introduction d'une 2e consultation obligatoire dans un centre agréé;
• le maintien d'une clause de résidence de trois mois.
Nous exigeons que toute femme, sans discrimination aucune, en cas de grossesse non-désirée, et qui ne veut pas mener à terme cette grossesse:
• ait la garantie légale d'avoir, pendant un temps déterminé, accès à une IVG;
• ait accès à une consultation préalable de qualité si elle le souhaite;
• puisse profiter d'un accompagnement psycho-médical et d‘un suivi post-IVG;
• bénéficie d'un remboursement des frais par la Caisse Nationale de Santé.
Version en ligne sur sokrates.lu