Suite à l'appel du mouvement féministe Marche Mondiale
des Femmes, 13 organisations luxembourgeoises, dont le Cid-femmes,
s'étaient déclarées solidaires avec les 31 syndicalistes turcs en
attente de leur procès dans la ville d'Izmir, en Turquie, à partir des
19 et 20 novembre 2009. Parmi eux, 22 militant(e)s, 10 femmes et 12
hommes, attendaient le procès en prison.
Quatre des femmes accusées sont membres de la Marche Mondiale des
Femmes. Les autres femmes emprisonnées ont pour la plupart des
responsabilités au Secrétariat des femmes et sont investies dans les
droits des femmes. Ces organisations ont été présentes à tous les
Forums Sociaux Européens ces huit dernières années. C'était pourquoi
nous devions protéger leur liberté d'activité par la solidarité
internationale féministe et syndicale, en particulier puisque le
prochain FSE aura lieu à Istanbul en juillet 2010.
Outre la lettre de protestation envoyée à l'ambassadrice de la Turquie
au Luxembourg, le Gouvernement luxembourgeois, notamment Jean
Asselborn, Ministre des Affaires étrangères, ainsi que Françoise
Hetto-Gaasch, Ministre de l'Egalité des chances, avaient été appelés à
s'engager auprès de leurs homologues turcs pour faire respecter les
droits des mouvements des femmes et des syndicaux.
L'action internationale de solidarité avait porté ses fruits et toutes
les personnes détenues depuis fin mai 2009 ont été libérées mais
doivent alors attendre leur procès qui aura lieu le 2 mars 2010.
Selon la Coordination de la Marche mondiale des femmes, les prétendues
preuves des crimes inscrits dans le procès n'étaient rien d'autre que
les activités faisant partie de la vie quotidienne des organisations
syndicales et des associations de femmes. Les politiques
« d'action positive » avaient également été décrites comme un
crime.
KESK (Confédération des fonctionnaires-Syndicats Turcs) et ses
syndicats avaient des sections féminines très actives. Ces sections
avaient toujours joué un rôle clé dans les activités de la Marche
Mondiale des Femmes en Turquie. Mais ces actions n'étaient pas incluses
dans les statuts de l'organisation et n'existaient pas dans les autres
syndicats, par conséquent l'accusation avait également décrit leurs
activités comme illégales. De la même manière, la politique qui
assurait un quota de 30% pour les femmes avait été décrite comme une
forme d'occupation du KESK par une organisation illégale.
La décision de laisser libres les prisonniers en attendent leur procès
est considérée comme un grand succès dû à la mobilisation intense menée
tant au niveaux national qu'international à travers les actions contre
le gouvernement turc et ses représentations diplomatiques. Dans une
lettre, KESK a affirmé que l'arrestation des militants prouvait une
fois de plus combien il était dangereux et risqué de lutter pour la
démocratie en Turquie.
Dans une lettre datée le 24 décembre 2009, le gouvernement
luxembourgeois promet de suivre de près le déroulement du procès en
gardant à l'esprit le cadre de négociations d'adhésion de la Turquie à
l'Union européenne adopté en 2005. Il se réserverait le droit de
rappeler ce cadre à la partie turque lors de futurs contacts bilatéraux.
lettre du gouvernement en pdf: lettre_mega-mae.pdf
Pour plus d'information, voir :
*Le procès des militants détenus arbitrairement en Turquie vient de commencer
www.marchemondiale.org