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IMPRESSUM
 

4/2009: FESTIVAL DE FILMS DE L'INDE ET DU NéPAL

Voies de femmes

Dans le contexte d’une campagne de sensibilisation, l’ONG Aide à l’Enfance de l’Inde présente différentes réalités de la vie des femmes de l’Inde et du Népal à travers le médium du cinéma.
Le cycle de quatre soirées met à l’affiche des films de genres et de sujets très différents: deux films de fictions de la réalisatrice indo-canadienne, Deepa Mehta, un documentaire d’une jeune réalisatrice américaine, Julie Bridgham (qui assistera à la projection et tiendra une conférence la veille) et un film d’animation de la réalisatrice américaine, Nina Paley.

Heaven on Earth
Deepa Mehta
(CAN 2008, 106 min,)
jeudi 29 octobre, 19h, Ciné Utopia


La jeune Indienne Chand arrive au Canada pour y rencontrer son futur mari Rocky et sa belle-famille, et se trouve bientôt confrontée à la dure réalité des violences conjugales, de l’exil et de la solitude. Pourtant, tout commence comme un conte de fées: à l’aéroport, Rocky s’émeut de rencontrer sa délicate et charmante épouse. Mais le quotidien de Rocky est insignifiant. Dans une banlieue de Toronto, il vit étouffé par une mère qui veut tout contrôler, entouré d’un père confus et d’une sœur avec son mari et leurs deux jeunes enfants. Incapable de faire face à ses nouvelles responsabilités, Rocky reporte ses frustrations sur Chand. La jeune femme, instruite, se retrouve à l’usine, sans pouvoir communiquer avec ses parents, soumise entièrement au bon vouloir de son mari et aux caprices de sa très autoritaire belle-mère.
La réalisatrice indo-canadienne Deepa Mehta est née en 1950 à Amritsar en Inde. Diplôme en philosophie de l’Université de New Delhi, elle travaille au Canada dans une compagnie de films documentaires et éducatifs, pour le gouvernement indien.

The Sari Soldiers
Julie Bridgham
(Népal/USA 2008, 90 min.)
jeudi 5 novembre, 19h, Ciné Utopia


En 2001, après le massacre de la famille royale par le prince héritier, le Népal se retrouve aux mains de Gyanendra, le frère du roi tué, qui, en 2005, dissout le gouvernement et instaure la dictature. La guerre civile, commencée en 1996, prend alors de l’ampleur: les maoïstes réclament avec force le départ du roi et l’instauration d’une république populaire du Népal. En avril 2008 eurent lieu les premières élections démocratiques depuis neuf ans.
De 2005 à 2008, la réalisatrice Julie Bridgham a suivi six Népalaises qui, chacune à sa façon, luttaient pour la justice. Une de ces femmes est Devi, la mère d’un enfant de 15 ans. Elle témoigne des tortures subies par sa nièce et de son exécution, et dénonce publiquement ces atrocités perpétrées par l’armée royale népalaise. L’armée enlève alors sa fille en représailles. Devi la recherche parmi les huit cents personnes « disparues » au cours de la dictature. Elle entame un combat de trois ans pour dévoiler le sort de sa fille et pour réclamer que justice soit faite.
Le film suit Devi ainsi que ces cinq autres femmes courageuses: Kranti, commandant en chef maoïste; Rajani, officier dans l’armée royale népalaise; Krishna, une monarchiste venue d’une communauté rurale qui conduit une rébellion contre les maoïstes; Mandira, une avocate des droits humains; Ram Kumari, une jeune étudiante et militante pour la démocratie.

Julie Bridgham a été réalisatrice et coproductrice de documentaires pour la BBC et Discovery Channel et a vécu de longs séjours au Népal, où elle a produit plusieurs documentaires pour les Nations Unies. En 2008 elle a reçu le prix Nestor Almendros pour son courage et son engagement à produire des films défendant les droits humains.

Sita Sings the Blues
Nina Paley
(USA 2008, 81 min.)
jeudi 12 novembre, 19h, Ciné Utopia


Le Ramayana (ou « le parcours de Rama ») raconte l’histoire de Rama, un avatar de Vishnu et de son épouse Sita. Écarté du trône de son père, Rama part en exil avec Sita, qui est enlevée par le prince Ravana et libérée par son époux avec l’aide de l’armée des singes de Hanuman. Mais alors Rama doute de la fidélité de Sita.
Basé sur cette épopée hindoue, Sita Sings the Blues combine le passé avec le futur et offre des styles d’animation différents : un texte sanscrit ancien, des chansons de jazz des années 1920 d’Annette Hanshaw, trois poupées d’ombres d’Indonésie, les traits hésitants de la partie moderne, forment un tout cohérent dans ce film extraordinaire. Même si Sita Sings the Blues est une interprétation personnelle de la réalisatrice, le film présente de façon moderne et pertinente l’histoire de Sita dans le Ramayana.

Dessinatrice de BD et animatrice américaine, Nina Paley, née en 1968, a travaillé toute seule sur la réalisation de ce melting-pot de styles. Elle a entendu l’histoire du Ramayana pour la première fois quand elle a suivi son mari en Inde en 2002. Plus tard, elle a trouvé des similitudes entre la célèbre légende védique et sa propre histoire.


Water
Deepa Mehta
(CAN 2005, 114 min.)
jeudi 19 novembre, 19h, Ciné Utopia


Water se déroule dans l’Inde coloniale de 1938, près du Gange, durant l’arrivée de Mahatma Gandhi : Chuyia, âgée de 7 ans, perd son mari et est envoyée dans une maison où les veuves hindoues vivent en pénitence. Les autres femmes dans cette maison attendent de Chuyia qu’elle expie – comme elles – les péchés passés qui ont conduit à la mort de son époux. Ces femmes considérées comme des « parias » (des intouchables), à la tête rasée, doivent mendier – ou pire – pour pouvoir manger. Elles passent leur temps à prier, en attendant la mort. L’arrivée de Chuyia, enfant curieuse et innocente, va affecter la vie des autres résidentes qui, n’ayant reçu aucune éducation, ne cherchent pas à remettre en cause leur sort injuste. Quelques-unes sont poussées à se révolter contre la tyrannie de ce mode de vie dépassé.

Tout comme Fire, le premier film de la trilogie des éléments de Deepa Mehta (Fire, Earth, Water), Water remet en question certaines injustices religieuses. Il fait scandale en Inde, surtout parmi les hindous extrémistes. Lors du tournage de Water en Inde, Mehta et son équipe furent menacés et les lieux de tournage à Varanasi détruits. En 2000, Deepa Mehta a abandonné le tournage du film, mais elle l’a repris en 2005 au Sri Lanka, sous un pseudonyme, et avec d’autres acteurs.

En parallèle, une exposition de portraits de femmes de l'Inde et du Népal se tient dans une partie du Ciné Utopia. Plus d’informations sur www.aei-ong.lu