NON à LA PUBLICITé SEXISTE
Non à la publicité sexiste
- Le corps de la femme n’est
pas une marchandise!
(Communiqué de presse du 29.3.2006)
Le Centre d’information et de documentation des femmes « Thers
Bodé » (Cid-femmes) proteste à haute voix contre
la toute récente campagne publicitaire de la marque « Triumph
International», lancée la semaine passée. Dans
le but d’attirer l’attention du public Triumph International
dénigre le corps féminin en marchandise par son exhibition
en vitrine. La campagne est accompagnée par une annonce publicitaire également à classer
sexiste et parue dans plusieurs journaux et magazines, parallèlement à l’ouverture
du nouveau point de vente, dans laquelle la présentation de
models dans la vitrine du magasin est annoncée comme « bonne
surprise ». L’image de cette publicité et son texte
orientent les pensées du lecteur non pas vers le produit – le
soutien-gorge – mais vers la femme qui le porte respectivement
qui est susceptible de l’enlever.
Si notre critique se dirige en premier lieu contre Triumph International
au Luxembourg, c’est avec stupéfaction que nous constatons
que cette campagne publicitaire sexiste est encore promue par le Tageblatt
(voir son édition de samedi/dimanche, 25/26 mars 2006). Sous
la rubrique « Service(s) » ( !), ce quotidien publie une
photo d’une demi-page qui se veut peut-être faire le clin
d’oeil mais qui, en se privant d’un commentaire critique,
souligne le caractère de la femme-marchandise, en pose de soumission
par rapport à l’homme.
L’utilisation pareille du corps féminin avilit les femmes
en les ravalant au rang d’objets sexuels. Ce genre de pub est également
injurieux à l’égard des hommes, auxquels elle ne
prête ni intelligence ni sentiments mais seulement des préoccupations
au ras de la braguette. Elle est particulièrement néfaste
pour les jeunes, qui sont très sensibles aux images et risquent
de construire une identité sexuelle pervertie, fondée
sur la soumission et le mépris des femmes.
Le Cid-femmes affirme que le corps humain n’est pas une marchandise
et nous nous opposons à la publicité sexiste parce qu’elle
agit de manière manipulatrice et qu’elle nous enferme
dans des stéréotypes.
Ce genre de publicité est à la base de comportements
de violence envers les femmes. Telle publicité est le ticket
d’entrée au processus de violence : au début il
n’y a « que » la suggestion de mépris envers
les femmes, à la fin, il y aura les actes d’agression
physique, la pédophilie, la pornographie.
Le Cid-femmes réclame l’instauration d’une instance
indépendante de contrôle, sous la tutelle du Ministre
de la Communication, et qui regroupe non seulement les représentant-e-s
du secteur de la publicité, mais également des représentant-e-s
des consommateurs et consommatrices et des organisations de femmes.
L’exemple des pays comme le Canada et la Suisse démontre
clairement l’utilité d’une telle instance, et ceci à la
satisfaction de toutes les parties concernées.